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Haute Savoie

à la pension Persy-CAT, ce sont les personnes en situation de handicap qui prennent soin des animaux



A Pers-Jussy, en Haute-Savoie, se trouve Persy-Cat, la première pension animalière tenue par des personnes en situation de handicap. Créée il y a 12 ans, elle a trouvé son rythme de croisière et inspire aujourd’hui d’autres ESAT (Etablissement et service d’aide par le travail) à travers la France.

La pension Persy-CAT, située à Pers-Jussy en Haute-Savoie existe depuis déjà 12 ans. 26 personnes en situation de handicap y travaillent encadrées par cinq monitrices. Après un démarrage parfois chaotique, la pension a atteint un rythme de croisière et inspire aujourd’hui d’autres ESAT (Etablissement et service d’aide par le travail) en France. Mais la mise en place d’un tel projet n’est pas si simple.

Une idée novatrice

L’idée est née de la crise financière de 2008. A l’époque, les ESAT ont vu leur charge de travail fortement diminuer. Il fallait donc sortir de la dimension purement sous-traitance industrielle pour un nouveau projet. A Pers-Jussy, le projet de pension animalière porté par la direction a mis deux ans à se mettre en place. 

« En 2010, on a commencé tout petit explique Philippe Duarte, directeur adjoint de l’ESAT Persy-CAT, les premières années ont été un peu compliquées parce que ce n’était pas dans la tendance du moment. Et puis, petit à petit avec la proximité de la Suisse quelques clients sont arrivés et on s’est fait notre réputation. »

Depuis trois ans, la pension arrive presque à un plein régime. « Pendant les vacances scolaires tout est plein, pendant les week-ends prolongés tout est plein et on arrive à avoir un rythme de croisière qui est assez confortable » confirme Philippe Duarte.

Un travail exigeant…

Malgré tout, le projet initial, qui ne comportait pas de dimension industrielle a été revu. « On s’est vite rendu compte que le rythme de 365 jours par an était dur à tenir parce qu’on avait au début assez peu d’animaux et puis les personnes en situation de handicap sont des personnes qui fatiguent beaucoup plus rapidement, du coup on a dû alterner entre les activités de sous-traitance où les personnes sont plus posées, font du conditionnement de produits, et la pension »  précise Philippe.

Aujourd’hui le rythme de travail fait que les personnes de l’ESAT, qui présentent toutes des paralysies cérébrales pouvant entraîner des troubles moteurs, travaillent trois semaines sur la pension et une semaine sur la partie sous-traitance. Et c’est un bon rythme si l’on en croit Florian Barbier affecté à la chatterie (car il a peur des chiens) : « Des fois à l’atelier ça fait du bien de se reposer (…) On a des semaines coupées des fois c’est amélioré depuis le début. »

… mais épanouissant

Car au chenil comme à la chatterie, le travail ne manque pas. Tous les jours, il faut nettoyer les box, nourrir les animaux, les soigner si besoin. C’est exigeant et fatiguant mais tellement épanouissant selon Rudy Roger qui travaille depuis 12 ans à la pension et ne laisserait sa place pour rien au monde. « J’aime mon travail comme au premier jour malgré les hauts et les bas que la vie donne, j’adore ce travail » confie-t-il. Et lorsqu’on lui demande ce que ça lui apporte, il est catégorique : « un total épanouissement, me sentir nécessaire pour des gens, pour des propriétaires, pour la canalisation de l’énergie ». 

A la chatterie, Aude Marquet en train de nettoyer du vomi dans la caisse d’un chat, qui n’a pas bien supporté le voyage en voiture jusqu’à la pension, lance sans hésiter « avec ce métier là, je ne me sens pas handicapée ». La jeune femme ne peut pourtant pas quitter son fauteuil roulant et ne dispose pas de l’usage total de ses deux bras mais peu importe, son binôme Florian est là pour la seconder. A la pension on travaille toujours à deux et l’on se complète !

Le temps de prendre son temps

A la pension, le rythme de travail est adapté aux personnes en situation de handicap. Et les animaux en profitent car les travailleurs peuvent prendre le temps de s’occuper d’eux, de les câliner, de les faire jouer dans le parc ou les promener dans la nature. Les clients sont satisfaits et ils reviennent. Le propriétaire de Chipie, une habituée, est convaincu. Sa chatte est bien choyée à la pension. « En tout cas, elle n’a jamais maigri »  déclare-t-il avec humour. Il part donc en vacances l’esprit tranquille même si le moment de la séparation est toujours un peu dur, « ça fait un petit pincement au cœur ».

Un exemple difficile à suivre

La pension Persy-CAT est un exemple. Beaucoup d’ESAT à travers la France voudraient s’en inspirer mais ce n’est pas si simple. Car en plus des exigences de la pension ouverte toute l’année, il faut prendre en compte la fatigue des personnes en situation de handicap et leurs capacités physique et d’adaptation. « Il faut être beaucoup debout, avoir de la force physique pour tenir un nettoyeur haute pression par exemple, ou balader les animaux et il faut aussi avoir l’envie de le faire car parfois les animaux peuvent être craintifs, avoir des attitudes pas toujours très gentilles, il peut y avoir des animaux agressifs » précise Clémentine Chittaro, chef d’atelier à la pension. A ses côtés Mariana Goda en a fait l’expérience : « Il y a déjà un chat qui m’a mordue parce que je l’avais mal pris pour le porter ». 

Les travailleurs de la pension doivent donc être bien encadrés. A Pers-Jussy, 5 monitrices s’en chargent, explique Clémentine : « Elles sont là pour diriger un peu leur travail, vérifier ce qu’ils font, trouver des astuces pour les aider dans leur organisation, les rassurer et assurer une sécurité dans leur travail. »

La réussite d’un tel projet demande un investissement important de tous, la direction, le personnel d’encadrement et les travailleurs en situation de handicap.





Source France 3

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