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Haute Savoie

Coronavirus. Un Aïd el-Kebir sous contrôle sanitaire en Haute-Savoie



La fête de l’Aïd al-Adha (fête du sacrifice), aussi appelée Aïd el-Kebir (la grande fête), s’ouvre pour trois jours dès ce vendredi 31 juillet. Au coeur de cette célébration : le sacrifice animal. Un rituel particulièrement contrôlé, et notamment dans les abattoirs, à l’heure du coronavirus. 

Repas en familles, embrassades, prières collectives, sacrifice animal… Autant de rites, qui risquent d’être chamboulés par le contexte épidémique du coronavirus. 

Pour la plupart des musulmans, ces célébrations représentent un moment de convivialité. Mais cette année, en Haute-Savoie, la fête de l’Aïd al-Adha, aussi appelée Aïd el-Kebir, qui va s’ouvrir pour trois jours, ce vendredi 31 juillet, n’a pas la même saveur.

 

« Ce n’est pas comme en Algérie »

« Je vais rien faire de spécial, avec le virus, ce n’est pas très prudent de voir du monde… En plus, ici, ce n’est pas comme en Algérie », constate Ryma. L’ambiance, pour elle comme pour d’autres membres de la diaspora maghrébine, n’est pas à la fête. Habituellement, les vacances d’été sont pour eux synonyme de retrouvailles au Maroc ou en Algérie. Des retrouvailles familiales empêchées par le Covid-19.
 


Pour autant, d’autres ne se laissent pas abattre. Alors pour garantir la sécurité sanitaire, les recommandations des autorités se multiplient. Surtout depuis l’émergence de foyer de contamination du coronavirus, lié aux rassemblements familiaux. 

« Évitez de partager les plats et de goûter dans l’assiette du voisin. Évitez les embrassades et adoptez la salutation sans contact physique. N’échangez pas de livres, objets rituels… entre vous. » Dans un communiqué, le préfet de Haute-Savoie, M. Pierre Lambert, énumère les règles et incite à la plus grande vigilance, lors des célébrations de l’Aïd.

Même son de cloche, pour le Conseil français du culte musulman (CFCM). Sur les réseaux sociaux, ce dernier rappel aux fidèles certaines mesures. Notamment pour la prière de l’Aïd-el-Adha et celle du vendredi : « Elles ne doivent pas réunir plus de 5 000 personnes, même lorsque celles-ci sont organisées dans des espaces non fermés, de type plein air. »

 

Même rigueur concernant le rite du sacrifice animal : « L’acte sacrificiel doit être effectué par des sacrificateurs habilités, dans des abattoirs pérennes ou temporaires agréés par l’État, dans le respect des réglementations relatives à la sécurité sanitaire des aliments, à la santé, à la protection animale et à la protection de l’environnement. » 

Exigus et humides, les abattoirs se sont révélé être des lieux propices à la contamination. Plusieurs en France, lors de la première phase de déconfinement, avaient été identifié comme des foyers de contamination. En temps normal, et traditionnellement, les familles viennent assister au sacrifice. 

Mais cette année, les déplacements dans les abattoirs seront limités à une ou deux personnes maximum. En plus des mesures sanitaires obligatoires, comme le port du masque et le lavage des mains. 

 

D’autant plus qu’avec l’impossibilité de célébrer l’Aïd au Maghreb, les commandes sont  « plus importantes cette année », observe Cyrille Chevallier, propriétaire d’un abattoir à Saint-Martin-Bellevue. « Les créneaux horaires pour venir récupérer les agneaux sont déjà pleins pour les deux premiers jours de l’Aïd », poursuit-il. 

Avec l’abattoir de Megève et celui de Bonneville, ils sont les trois seuls établissements de la région de Haute-Savoie autorisés à effectuer ce type de sacrifice.

Dans ces établissements, comme dans d’autres en France, le sacrifice de l’animal se fait en présence de deux ou trois vétérinaires et de « sacrificateurs » habilités par des organismes religieux agréés par le ministère de l’Agriculture. De l’arrivée de l’animal dans les locaux jusqu’à sa vente, les vétérinaires contrôlent la bonne application des protocoles sanitaires. 

 

« Un fonctionnement en drive » 

« Les postes sont espacés d’un mètre cinquante et aérés, le personnel se change tour à tour dans les vestiaires, les sorties de viandes et d’abats se font avec le port d’une visière et d’un masque », décrit Cyrille Chevallier.

Agrée depuis 2007, chaque année avant l’Aïd, son abattoir propose ses services à la communauté musulmane de la région. Une façon, selon lui, de « pallier le manque de ce type d’abattoir et d’éviter les abattages sauvages. » 

Particularité de cette année : le fonctionnement en drive. Lorsqu’un client vient récupérer sa commande, il ne sort pas de son véhicule, sauf pour vérifier son achat. « Un client par agneau« , complète le propriétaire de l’abattoir à Saint-Martin-Bellevue.   

Par contre, persistance de cette année : le caractère illicite de l’abattage hors abattoir. Dans son communiqué, la préfecture de Haute-Savoie, rappel qu’il est « un délit réprimé par une peine de 6 mois d’emprisonnement et 15 000 € d’amende. »

 

Quels sont les abattoirs habilités en Haute-Savoie ?
  • Abattoir de Megève : SAS abattoir Monts et vallées – 101, chemin des grandes sources – 74120 Megève – 04 88 72 88 65 (Capacité de 900 moutons sur 3 jours)
  • Abattoir temporaire de M. Chevallier à Saint Martin de Bellevue : 06 75 37 09 17 (Capacité de 1800 agneaux sur 3 jours)
  • Abattoir de Bonneville (BIGARD) : 105 rue de Sarcelles – ZI des Bordets – 74130 Bonneville – 04 50 97 09 56 (bovins uniquement)





Source France 3

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