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Haute Savoie

Dans les Alpes, une dérogation au confinement pour les chasseurs qui passe mal



Des associations environnementales, dont la Ligue de protection des oiseaux, s’interrogent notamment sur les priorités du gouvernement et sur les risques sanitaires que représentent les battues, autorisées malgré le confinement par décision ministérielle.

 

« Les français ne peuvent plus profiter de la nature seuls ou en famille. Sauf les chasseurs ! » Voilà comment résumait, amère, la Ligue de protection des oiseaux (LPO) le 31 octobre dernier, alors que le confinement venait à peine d’entrer en vigueur. Car, déjà, les chasseurs, profitaient d’une circulaire ministérielle, autorisant la chasse au grand gibier dans toute la France.

Une circulaire appliquée depuis quelques jours par les préfets de départements. Depuis ce week-end du 7 novembre, la chasse aux cerfs, sangliers et chevreuils est donc à nouveau autorisée en Isère, Savoie et Haute-Savoie.

Ce jeudi 12 novembre, la LPO auvergne-Rhône-Alpes s’est fendue d’un communiqué dénonçant « des arrêtés signés dans la plus totale précipitation et sans réelle concertation » avec les associations.
 

Privilège ou responsabilité ?

« On aurait eu beaucoup de questions à poser aux préfets, mais on n’a pas pu. On nous demandait à 14h un avis à rendre à 18h. Ce n’est pas de la consultation, la décision était déjà prise« , plaide Éric Posak, avocat grenoblois porte-voix de la LPO dans les Alpes. 

Pour lui, ces arrêtés et la circulaire ministérielle « interrogent sur les priorités des pouvoirs publics, qui ont certainement d’autres urgences« , estimant que « la chasse est un monde à part et privilégié« . 

 

Du côté de la fédération de chasse de l’Isère, ces accusations à peine voilées agacent. « C’est un arrêté du ministre auquel on obéit, parce qu’on a des reponsabilité à exercer au nom de l’Etat, dont la régulation. Mais pour nous, ce n’est pas spécialement une bonne nouvelle. On n’était pas demandeurs« , assure Alain Siaud, vice-président de la fédération.

 Les chasseurs disent défendre une mission de « service public« , et, maintenant que les arrêtés sont passés, une obligation.

 

Les dégâts n’ont pas de délais, donc on doit détruire les sangliers, c’est comme ça. Et puis on doit réguler, parce que sinon on paie les dégâts. On s’expose à des risques financiers.

Alain Siaud, vice-président de la fédération de chasse de l’Isère.

Les chasseurs paient en effet des taxes qui alimentent les fonds d’indemnisation en cas de dégâts agricoles notamment, et s’exposent à des sanctions si les objectifs de régulation ne sont pas atteints. 
 

Les chasseurs, une population à risques

Ce qui n’empêche pas la LPO de voir dans ces arrêtés dérogatoires une forme de favoritisme. « Tous les gens sont confinés chez eux pour éviter la contamination, et de manière tout à fait dérogatoire, on les autorise à chasser à 30 personnes par battue« , dénonce ainsi Éric Posak. Traditionnellement moins chassés que novembre, les mois de janvier et février auraient pu accueillir, selon lui, des chasses décalées dans le temps. 

Mais plus qu’un simple problème de solidarité, l’avocat interroge les risques sanitaires pour les chasseurs, « plus âgés que la moyenne de la population, une grosse proportion a plus de 60 ans et est en plein dans la population à risques« . Sans parler des repas de chasseurs, potentiels nids à virus.

Des doutes rejetés en bloc par la fédération de chasse de l’Isère. Alain Siaud explique avoir reçu « des consignes précises« , dont « l’interdiction de se rassembler avant ou après la chasse« , et évidemment celle des fameux repas de chasseurs. Et « en plaine, ils font des battues à 20 ou 25 personnes, mais en montagne on est moins d’une dizaine« . Le tout en plein air. « On ne tient pas à faire prendre des risques inutiles à nos chasseurs« , assure-t-il.

Il y a quelques jours, France nature environnement Isère pointait déjà du doigt le terme de régulation « qui tente de donner un rôle social et une logique d’intérêt général à la chasse, alors qu’il s’agit d’un loisir« . En dehors des battues de régulation prévues par les arrêtés, la chasse « loisir » à proprement parler reste cependant interdite.

 





Source France 3

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