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Haute Savoie

des éleveurs s’unissent pour faire face aux attaques de loups dans la vallée de Chamonix



Trois éleveurs de la vallée de Chamonix vont expérimenter un « alpage refuge », sorte d’alpage partagé où ils vont regrouper leurs troupeaux et se relayer pour assurer la surveillance. Une solution trouvée dans l’urgence face aux attaques de loups qui se multiplient dans le secteur.

Les attaques de loups se font de plus en plus fréquentes pour les éleveurs de la vallée de Chamonix, en Haute-Savoie. Alors que les incursions du prédateur se comptaient sur les doigts d’une main l’an dernier, elles s’intensifient au fil des mois. Une cinquantaine d’ovins en ont été victimes depuis le début de l’année, selon les données recueillies par la plateforme Maploup au jeudi 13 août.

Le troupeau de Viviane Fivel-Demoret, comptant plus d’une centaine de moutons, a été la proie de l’une de ces attaques à Passy, une dizaine de jours après être monté en estives. Six agneaux et brebis sont morts, sept autres ont été blessés. Installés depuis plus de 60 ans dans le secteur, l’éleveuse et son frère ont dû, pour la première fois, renoncer à l’alpage. « On a redescendu les animaux dans la vallée, mais on commence à manquer d’herbe avec la sécheresse. Il fallait trouver une solution », explique Viviane Fivel-Demoret.

Plusieurs éleveurs se sont retrouvés dans cette situation, en quête de solutions. Dans l’urgence, trois d’entre eux se sont organisés et vont expérimenter un « alpage refuge ». « Là où les éleveurs peuvent avoir des difficultés à protéger les petits troupeaux, cette solution permet de concentrer les moyens de protection », détaille Julie Chaboud, chargée de mission à la communauté de communes de la vallée de Chamonix Mont-Blanc. Trois à quatre troupeaux, représentant entre 300 et 400 bêtes, vont être regroupés à l’alpage de La Pendant.

 

Les différents éleveurs vont se relayer pour assurer la surveillance des animaux. Mais le relai n’est pas simple à organiser pour les éleveurs qui occupent une autre activité professionnelle en parallèle. « On va se relayer suivant les besoins de chacun d’être au travail », affirme une éleveuse qui participe à ce projet. Elle compte « poser des congés » pour assurer cette surveillance et va « partir avec les enfants » lorsqu’elle devra assurer la surveillance du troupeau.

 

« Il y aura toujours un risque »

Cette solution représente une économie vitale pour ces éleveurs. « On n’arrive déjà pas à se verser un salaire, alors on ne peut certainement pas payer un berger », déplore cette même éleveuse, se disant fatiguée par les attaques subies cette année, qui tient grâce à sa « passion » pour son métier. Mais, face au loup, il n’y a « pas grand chose à faire », selon Viviane Fivel-Demoret. « Quoi qu’on fasse, il y aura toujours un risque », estime-t-elle.
 

L’alpage en question, situé sur un domaine skiable, était jusqu’ici occupé par un troupeau qui a été attaqué deux fois depuis le début de la saison. Pour que son terrain ne reste pas inoccupé, le propriétaire a proposé aux trois éleveurs d’y faire monter leurs bêtes. « Tout est mis à disposition : il y a une cabane, de l’eau… Et ils n’ont aucun loyer à payer, rien », souligne Julie Chaboud, ajoutant que la communauté de communes va prendre en charge une grande partie des frais générés, notamment le transport des animaux.

La collectivité assure par ailleurs suivre de près la présence du loup sur son territoire. Une trentaine de pièges photos et vidéos vont être installés pour étudier la population. « Est-ce que ce sont des jeunes ? Des adultes ? Combien sont-ils ? L’objectif, c’est de savoir ce qu’il se passe dans la vallée », poursuit la chargée de mission, assurant qu’il est encore « trop tôt pour parler de meute » dans ce secteur.

Un soutien financier en faveur des éleveurs est également à l’étude. Il s’agirait d’une « aide à l’investissement financée par la collectivité » et versée aux petits éleveurs, ajoute Julie Chaboud. Coup de pouce ou pas, la prochaine montée en alpage se fera sans Viviane Fivel-Demoret et son frère. « Il commence à être fatigué physiquement et mentalement, explique la sexagénaire. On fait le maximum cette année mais on va diminuer le troupeau pour garder une quinzaine de bêtes l’an prochain. » A l’origine, leur troupeau comptait plus de 150 têtes.

 



Source France 3

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