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Haute Savoie

LIVRE. “La Grande Traversée des Alpes“ : Jérôme Colonna d’Istria part à la rencontre du ”petit monde de là-haut”


Le médecin urgentiste, accompagnateur en moyenne montagne, est parti vivre « une retraite alpine en mouvement« . Il raconte son aventure dans un récit de voyage « La Grande Traversée des Alpes » publié aux Editions Transboréal.
 

 

Du Lac Léman à Nice

Du Lac Léman à Nice, 19 jours de rêverie solitaire, de rencontres improbables et de poésie alpine sur le GR5.

L’itinéraire n’est pas très original certes mais la démarche l’est… Jérome Colonna d’Istria fait partie de ces humains touche à tout, ceux que certains qualifient d’hyperactifs, mais il s’agit plutôt d’un passionné… de tout. De son métier d’abord, l’urgence médicale, puis de son univers, la montagne, il est accompagnateur (moyenne montagne), né en Corse, et enfin de la poésie, celles des strophes et de rimes mais aussi celle du rabot et des copeaux. Le montagnard est aussi menuisier.

Son univers est immense, il s’intéresse au monde, aux gens et « personne ne l’emmerde dans la vie » dit-il.

C’est avec cet état d’esprit qu’il a décidé un beau jour de juin de partir traverser les Alpes, celles qu’il connait bien et qu’il aime particulièrement. Son objectif était très simple : « rencontrer le monde de là-haut« .
 

 

Rencontrer le monde de là-haut

Les bergers, les gardiens de refuge, les promeneurs mais aussi les bouquetins, les marmottes, la soldanelle, cette « fleur de printemps, frêle, curieuse, avec ses fines franges violettes et son échine toute courbée en avant à la merci des brises de pente qui les font danser« .

« Je suis parti, tranquille, sans me prendre la tête, sur ce tracé pas très original, une aventure pas très sauvage non plus à première vue mais tout réside dans notre approche, j’ai ce regard singulier du médecin.« 

Il ausculte le monde et croise parfois de drôles de patients  : « et c’est à cet instant qu’il m’est apparu pour la première fois depuis que je suis parti. Il est arrivé comme un bombardier B-52 silencieux, en se dégageant de la masse sombre de l’à-pic. Il fallait juste être attentif, être là au bon moment. Le gypaète. En Corse, on dit l’Altore; à la musique du mot, on comprend déjà tout…« 

Son récit se lit comme un carnet de voyage, de jour en jour, de cols en hameau, il nous raconte les dénivelés dans les pattes et les sensations magiques qu’il a immortalisées : « les senteurs sont décuplées en montagne. Les effluves se mélangent en permanence au gré des paysages, des vents et des saisons, et même si nous, humains, avons perdu notre flair depuis longtemps, les odeurs rejaillissent en pleine nature, tantôt suaves, douces, tantôt amères et piquantes« .

 

630 kilomètres, 40 000 mètres de dénivelé positif et négatif

Il raconte aussi cette fragilité du montagnard, comment il décide d’affronter l’orage recroquevillé dans son sac de couchage en plein parc du Mercantour, quand il pense qu’il « va y passer » coincé sur son arête, « j’ai fait une connerie et cela fait relativiser« .

Médecin urgentiste, il accepte sans doute cette part d’incertitude qui peut nous arriver : « la mort je la côtoie dans mon travail, je suis très zen avec cela surtout avec la mienne« . Le voyageur ne manque pas d’humour quand il parle de lui et de sa folie. A 38 ans, il ne dort que trois heures par nuit alors il est « disponible » dit-il dans sa tête et son esprit.

Le marcheur savoure les rencontres au refuge du Grand Bec : « Agnès nous écoute calmement, au milieu de son refuge qu’elle cajole comme un chef soigne son orchestre« .

Sur les chemins, il fait des rencontres : « on est dans des mondes différents, lui et moi. Je suis un arpenteur de montagnes, un rêveur des cimes, lui fait partie intégrante du rêve, c’est un berger, il garde ses vaches. Il est venu d’en bas pour planter des barrières ». « Ch’uis venu fermer là-bas. J’ai monté le troupeau c’tantôt.« 

Et parfois, il croise cette réalité qu’il venait oublier du côté de Briançon : « au milieu de cet univers paisible, alors que mon esprit marche vers ces montagnes qui appellent à les parcourir, sur cette terre des Alpes, avec ses bergers, ses vaches, ses forêts tranquilles, ses petits villages sans histoire, j’ai croisé le regard doux d’un homme qui n’avait rien à faire ici. Un migrant, un parmi tant d’autres ( … ) Ils sont tout un groupe« .
 

"La Grande Traversée des Alpes" publié aux Editions Transboréal
« La Grande Traversée des Alpes » publié aux Editions Transboréal

L’auteur nous emmène avec lui, nous donne envie de chausser nos godillots mais aussi de déguster cette poésie qu’il nous diffuse ça et là sur les traces de Rimbaud ou de Verlaine : « j’avais envie de me mettre dans les pas des poètes, relire Lamartine au dessus du Lac Léman ou vivre toute la mélancolie de Rimbaud, l’homme aux semelles de vent au sommet des cimes, tout à coup la poésie devient vivante : c’est magique !« .

Suivez le guide… Jérome Colonna d’Istria s’est inventé sa « retraite alpine en mouvement« , il pourrait bien vous donner envie d’aller méditer sur les chemins de la Grande Traversée des Alpes.

 

 



Source France 3

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