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Haute Savoie

Trois questions pour comprendre la controverse sur l’accès plus libre à la nature pendant le confinement



Un nouveau cœur de lumières a scintillé dans le massif du Vercors dimanche soir. Une action menée par un collectif réclamant un accès plus libre à la nature pendant le confinement. France 3 Alpes vous explique, en trois questions, pourquoi cette demande suscite la controverse.

Du massif de Belledonne à celui du Vercors en passant par la Tournette, au-dessus d’Annecy, les cœurs lumineux essaiment sur les reliefs alpins. Une manière, pour les amoureux de la montagne, de plaider pour « un accès plus responsable à la nature » en temps de confinement.

Leur revendication a pris un nouveau tournant lorsqu’elle a été brandie par des élus écologistes et républicains. Elle a aussi provoqué l’ire de certains soignants à l’heure où les hôpitaux accueillent encore de nombreux malades du Covid-19. D’une pétition largement relayée à un débat national, France 3 Alpes résume cette controverse en trois questions.

 

Qui est à l’origine de ces cœurs lumineux ?

Des férus de montagne, pour l’essentiel, qui plaident pour un accès élargi à la nature. Ils dénoncent la règle du « un kilomètre, une heure » mis en place par le gouvernement depuis le 30 octobre. Pour Morgan Akhourfi, 19 ans, rester cloîtré à domicile pendant des semaines paraît inimaginable.

« La montagne, c’est vraiment ma vie », explique le Chambérien qui confesse ne pas respecter le confinement, aussi bien le premier que le second. Samedi 14 novembre, avec une poignée d’amis, le passionné de montagne est parti sur les pentes de la Tournette, au-dessus d’Annecy, pour y dessiner un cœur lumineux.

 

« Ce qu’on demande, c’est un accès élargi à la nature selon le niveau de chacun », demande-t-il, défendant un rayon de sortie de 10 kilomètres au lieu d’un autour de son domicile. La veille, un cœur de lumière avait déjà éclairé le massif de Belledonne, près de Grenoble. A l’origine de l’initiative, un collectif demandant un accès plus libre à la nature.

Le guide de montagne et médecin généraliste Frédi Meignan se fait le relais de ces actions sur les réseaux sociaux. Car elles tendent à se multiplier au fil des semaines dans les départements alpins. « Notre gouvernement devrait entendre ces appels à la raison qui montent de nos vallées. Il faut revoir la règle des 1h/1km », juge-t-il sur Facebook.

 

Lors du premier confinement, des acteurs de la montagne avaient lancé une pétition en ce sens. Elle compte aujourd’hui plus de 196 000 signatures. « Le contact avec la nature et la pratique d’activités de pleine nature répondent à un besoin essentiel et vital, avec des effets bénéfiques largement démontrés sur la santé physique et mentale, notamment sur le plan immunitaire en réduisant le stress et l’anxiété », peut-on lire dans ce texte.

« Je pense qu’il y a davantage d’accidents domestiques que d’accidents en montagne », complète pour sa part Morgan Akhourfi. Une affirmation difficile à vérifier, mais que des professionnels de santé réfutent.

 

Pourquoi cette demande est-elle critiquée ?

L’initiative est « une prise de risque » inutile, tranche Jean-François Payen, responsable du pôle anesthésie-réanimation du CHU Grenoble-Alpes. Au lendemain de la première action en Belledonne, il dénonçait auprès de France 3 Alpes « un manque de respect flagrant dans une société où on devrait être plus solidaires les uns avec les autres ».

« Si on commence à accepter » des petites dérogations comme celles des manifestants du Grand Colon, « demain on aura d’autres manifestations pour tout, on ne maîtrisera plus rien et on aura une troisième vague alors qu’on commence à peine à gérer la deuxième », jugeait-il. Au-delà du risque d’accidentologie et de propagation du virus, Jean-François Payen pointe le « sentiment d’impunité » qu’inspire, selon lui, cette initiative.

 

Or, d’autres scientifiques et chercheurs estiment que l’accès à la nature, rendu impossible par les règles de confinement, est « essentiel au bien-être individuel et social ». « Si la connexion avec des éléments naturels agit sur nos affects et nos comportements (…), sa privation liée au confinement s’accompagne de difficultés, voire d’impossibilités, de se ressourcer, de ressentir et contrôler des émotions, d’apaiser notre stress », estiment les six auteurs d’un article paru dans The Conversation. Des arguments dont le champ politique s’est emparé pour demander un assouplissement des restrictions.

 

Comment l’opposition s’est-elle saisie de la question ?

A droite comme à gauche, des élus de l’opposition réclament un élargissement de la règle du « un kilomètre, une heure ». Chez Les Républicains, 45 députés ont envoyé une lettre à la ministre des Sports, Roxanna Maracineanu, en faveur de la suspension de cette restriction. Ils soulignent que « les pathologies liées à la sédentarité pèsent déjà à hauteur de 17 milliards d’euros sur nos comptes sociaux ».
 

« Comment crédibiliser un reconfinement (…) quand vous expliquez aux Français qu’il serait plus dangereux de marcher, de courir ou de pratiquer le vélo seul en forêt ou à la campagne que de prendre le métro aux heures de pointe ? », interrogent également les députés signataires de la lettre.

Du côté d’Europe Ecologie-Les Verts (EE-LV), cette mesure génère l’incompréhension. « A la veille d’une nouvelle intervention d’Emmanuel Macron, les signes indiquent que si l’ouverture de certains commerces devrait être de nouveau autorisée, l’accès à la nature va rester impossible pour une majorité de la population. Un positionnement incohérent pour EE-LV Isère », dénonce l’antenne iséroise du parti dans un communiqué.

 

Un référé-liberté a été déposé le 17 novembre devant le Conseil d’Etat par EELV et Génération Écologie. « On a le droit de faire 15 km pour trouver un hypermarché mais on n’aurait pas le droit de les faire pour aller en forêt ? », questionnait Yannick Jadot sur franceinfo le 10 novembre.

Les deux partis demandent à la juridiction de faire abroger cette restriction par le gouvernement et réclament des mesures pour assurer « un égal accès à la nature ». La décision du Conseil d’Etat devrait tomber, au plus tard, début décembre.

 

 





Source France 3

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