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Haute Savoie

un guide de haute montagne assiste à un éboulement sur la Mer de Glace



Stéphane Comte, guide de haute montagne à Chamonix, a assisté à un éboulement sur la Mer de Glace ce dimanche. La scène a été filmée et largement partagée sur les réseaux sociaux.

C’est un spectacle de moins en moins rare sur la Mer de Glace. Un important éboulement s’est produit, dimanche 16 août, sur le plus grand glacier français, dans le massif du Mont-Blanc. Stéphane Comte, guide de haute montagne à Chamonix (Haute-Savoie), a assisté à cette scène qui a été capturée dans une vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux.

Le guide se trouvait avec des clients, une famille de cinq personnes, lorsque l’éboulement s’est produit. « On était assez loin, c’était sans danger », assure-t-il. Sur ces images, on voit de gros blocs de pierre dévaler les flancs de la montagne et finir leur course sur la Mer de Glace. « Comme le glacier descend, il y a des blocs en suspension qui s’écroulent au fur et à mesure. C’est de plus en plus fréquent », décrit Stéphane Comte.

 

Le guide, qui parcourt la montagne depuis des dizaines d’années, se veut « témoin direct » des bouleversements en cours, sans pour autant se montrer catastrophiste. « On constate qu’il y a une accélération du phénomène », dit-il en faisant allusion au réchauffement climatique. « Mais ça ne suffit pas de s’émouvoir sur des images de glaciers qui fondent, il faut agir. »

 

« Il faut rester positif »

Déplorant que « personne ne (fasse) rien », le guide estime aujourd’hui qu’il est « temps de passer à l’action ». « A l’échelle d’une vie, ou même d’une carrière de guide, j’ai vu que la montagne avait vraiment changé », affirme le Chamoniard de 50 ans. Celui qui plaide pour des activités de montagne plus respectueuses de l’environnement veut agir « à (son) petit niveau », arrêtant notamment l’héliski et tentant de sensibiliser ses clients à la cause du climat.

De par son métier, il constate bien les effets du réchauffement climatique, mais refuse d’être alarmiste. « Peut-être qu’on n’est pas capables de changer les choses (…) mais il faut rester positif », plaide-t-il. « La dernière fois, se rappelle Stéphane Comte, j’ai emmené une famille sur la Mer de Glace et ils étaient émerveillés. Tout dépend du regard que l’on porte aux choses, ça peut être noir ou lumineux. »

 

Le guide aimerait voir, un jour, le massif du Mont-Blanc sanctuarisé pour le protéger. « Il faut aller en haute montagne pour comprendre ce qui est en train de se passer », selon lui. Les experts du Giec prévoient la disparition de près de 90% des quelques 4 000 glaciers des Alpes avant 2100 si les émissions de gaz à effet de serre se poursuivent au rythme actuel. « Le glacier d’Argentière risque de disparaître complètement d’ici 2100 et la Mer de Glace va être diminué de 80% », nous expliquait le glaciologue Christian Vincent.

Malgré tout, Stéphane Comte se concentre sur le positif : « La montagne est beaucoup plus propre qu’avant, la Mer de Glace est nettoyée, il y a eu une prise de conscience », souligne-t-il avec l’espoir d’assister à un tournant dans l’action contre le réchauffement de la planète.

 



Source France 3

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