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Haute Savoie

Je préfère être lesbienne et heureuse qu’hétérosexuelle et malheureuse

En bref

  • La visibilité lesbienne reste un enjeu concret : elle réduit l’isolement, offre des repères et fait reculer les stéréotypes.
  • Le 26 avril, la Journée mondiale de la visibilité lesbienne rappelle ces enjeux, que l’État de Genève relie à la lesbophobie.
  • Humour et réseaux sociaux permettent à certaines créatrices de contenus de toucher un public qui n’irait pas vers un discours militant classique.
  • La visibilité expose aussi à des violences en ligne : se protéger fait partie de la démarche.
  • Le message central tient en une idée : ne pas se laisser enfermer dans une case.

« Je préfère être lesbienne et heureuse qu’hétérosexuelle et malheureuse » résume une idée simple : la visibilité lesbienne compte parce qu’elle permet à chacune de s’affirmer sans se cacher. Bilamé est une blogueuse pertinente et influenceuse qui revendique sa visibilité en tant que lesbienne. À l’occasion de la Journée mondiale de la visibilité lesbienne, célébrée chaque 26 avril, sa prise de parole, faite d’humour et de franchise, sert de point de départ pour parler de représentation, de stéréotypes, de violences en ligne et de droits.

Mis à jour en octobre 2026.

Pourquoi la visibilité lesbienne reste-t-elle indispensable ?

Parce que le manque de modèles pèse sur la construction de soi. Lorsque les femmes lesbiennes sont peu présentes dans les médias, à la télévision ou dans les récits du quotidien, il peut falloir longtemps pour comprendre ce que l’on ressent vraiment, et plus longtemps encore pour l’assumer.

L’État de Genève, dans sa page consacrée à la Journée mondiale de la visibilité lesbienne, explique que cette journée vise à mettre en avant la visibilité et la reconnaissance des femmes lesbiennes. Il y décrit une double discrimination, à l’intersection du sexisme et de l’homophobie, que l’on nomme la lesbophobie. La même page indique que, selon les éléments qu’elle cite, les femmes lesbiennes et bisexuelles sont trois fois plus exposées aux violences psychologiques que les femmes hétérosexuelles, et qu’une campagne de sensibilisation a été lancée dans le canton.

Quels effets a le manque de représentation ?

On retient généralement trois effets : l’isolement, le doute et l’invisibilisation. Une jeune femme peut se demander si ce qu’elle ressent est « normal », si elle a le droit d’exister ainsi, ou si elle doit se taire pour avoir la paix. La visibilité sert précisément à montrer qu’il existe d’autres trajectoires, d’autres familles, d’autres façons d’aimer.

Le coming-out : que faut-il anticiper ?

Un coming-out se prépare, et il n’y a pas de calendrier idéal : certaines personnes parlent tôt, d’autres beaucoup plus tard, parce que leur environnement ne leur permettait pas de le faire en sécurité. Beaucoup de personnes lesbiennes vivent ce décalage. Elles perçoivent parfois très tôt qu’elles sont différentes, sans avoir ni les mots, ni l’entourage, ni la sécurité émotionnelle pour l’assumer.

On présente souvent le coming-out comme un moment libérateur, mais il peut aussi entraîner des conséquences relationnelles réelles, notamment au sein de la famille. Personne n’est obligé de se mettre en danger pour prouver quoi que ce soit.

Comment se protéger avant de prendre la parole ?

  1. Identifier les personnes de confiance.
  2. Choisir un moment et un lieu où la conversation peut se dérouler sereinement.
  3. Anticiper les réactions possibles, y compris un rejet.
  4. Prévoir un soutien émotionnel après l’annonce, auprès de proches ou d’une association.

L’objectif n’est pas d’avoir un coming-out parfait, mais de préserver sa sécurité psychologique et matérielle.

Pourquoi l’humour et les réseaux sociaux fonctionnent-ils pour militer ?

L’humour sert de porte d’entrée : il désarme, crée de la proximité et facilite l’identification, puis il permet d’aborder des sujets plus sérieux comme la lesbophobie, le féminisme, les droits des familles ou la représentation. Sur Facebook, Instagram ou TikTok, une parole directe, drôle et incarnée touche des personnes qui ne liraient pas spontanément un texte militant.

Les contenus trop abstraits parlent souvent à celles et ceux qui connaissent déjà le sujet. À l’inverse, un registre franc et accessible fait passer un message politique sans perdre le contact humain. C’est la logique de nombreuses créatrices de contenus engagées, dont Bilamé fait partie.

Quels préjugés sur les lesbiennes faut-il déconstruire ?

Le premier préjugé consiste à croire que toutes les lesbiennes se ressemblent. Il n’existe pas un seul style, une seule apparence, une seule manière d’être lesbienne : certaines sont féminines, d’autres androgynes, certaines très visibles, d’autres discrètes. La diversité est la norme.

Les stéréotypes restent pourtant puissants. Beaucoup associent encore l’identité lesbienne à une image réductrice, souvent construite par le regard masculin ou par des contenus pornographiques. Une partie des lesbiennes doit donc encore lutter pour être perçue comme une personne complète, et non comme une caricature.

Idée reçueRéalité
Une lesbienne a forcément une apparence préciseLes styles et les parcours sont très variés
La visibilité publique efface les difficultés personnellesÊtre visible expose aussi à des attaques
L’identité lesbienne se réduit à une image sexualiséeC’est une identité parmi d’autres, avec une vie affective, familiale et sociale complète
L’humour signifie l’absence de souffranceIl peut au contraire permettre d’en parler

Quels risques la visibilité fait-elle courir en ligne ?

Être visible, c’est aussi s’exposer : les personnes LGBT+ qui prennent la parole publiquement reçoivent fréquemment des commentaires violents ou des menaces. Ces attaques visent à faire peur, à faire taire ou à décourager l’expression de soi. Il ne s’agit pas de « simples commentaires sur Internet » : elles ont un impact réel.

Certaines personnes choisissent de ne plus lire les commentaires, de filtrer davantage ou de déléguer la modération de leurs espaces. Se protéger n’est pas un aveu de faiblesse, c’est une mesure de bon sens.

Que faire face à des attaques en ligne ?

Conservez des preuves (captures d’écran datées), bloquez les comptes agressifs et signalez les contenus menaçants à la plateforme. Si les menaces sont sérieuses, ne restez pas seule : sollicitez des proches, une association ou les forces de l’ordre.

Quels droits portent les revendications lesbiennes ?

La visibilité ne relève pas seulement de l’image. Les revendications portent aussi sur des questions très concrètes de droit de la famille : accès à la procréation médicalement assistée (PMA), reconnaissance des familles lesbiennes et protection du parent non biologique. Elles touchent au projet d’enfant et à la sécurité juridique des couples.

Ces questions ne sont pas théoriques. Elles déterminent qui peut devenir parent, dans quelles conditions et avec quelles protections. Les règles évoluent selon les pays et au fil du temps : pour connaître l’état actuel du droit applicable à votre situation, consultez un site officiel ou une association spécialisée.

Quel message retenir pour qui se reconnaît dans ce parcours ?

Le message est simple : vous n’avez pas à entrer dans une case pour être légitime. On peut être lesbienne, queer, féministe, drôle, engagée, sensible, fatiguée, en colère et heureuse, tout cela à la fois. Dans la vie réelle, on avance rarement en ligne droite.

En période de doute, rappelez-vous que se construire prend du temps et que s’affirmer ne signifie pas tout affronter seule. Chercher des modèles, suivre des personnes qui parlent vraiment de ce que l’on vit, rejoindre une communauté ou une association peut faire une grande différence.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la Journée mondiale de la visibilité lesbienne ?

Célébrée chaque 26 avril, elle vise à mettre en avant la visibilité et la reconnaissance des femmes lesbiennes. L’État de Genève la présente comme un moment pour rappeler les enjeux de la lesbophobie.

Pourquoi la visibilité lesbienne reste-t-elle importante ?

Les stéréotypes et les violences existent encore. La visibilité montre des parcours réels, casse les idées reçues et aide d’autres personnes à se construire.

Pourquoi utiliser l’humour sur les réseaux sociaux pour militer ?

L’humour rend les messages plus accessibles et plus proches des gens. Il permet de parler de sujets sérieux sans perdre le contact avec le public.

Comment se protéger d’attaques en ligne ?

Gardez des preuves, bloquez les comptes agressifs et signalez les contenus menaçants. En cas de menaces sérieuses, entourez-vous de proches, d’une association ou des forces de l’ordre.

Comment préparer un coming-out ?

Identifiez des personnes de confiance, choisissez le bon moment, anticipez les réactions et prévoyez un soutien après l’annonce. La priorité reste votre sécurité.

Qu’est-ce que la lesbophobie ?

La lesbophobie est la discrimination qui vise spécifiquement les femmes lesbiennes. Selon la page de l’État de Genève consacrée à la Journée mondiale de la visibilité lesbienne, il s’agit d’une double discrimination, située à l’intersection du sexisme et de l’homophobie. La même page évoque aussi les violences psychologiques auxquelles ces femmes sont exposées.

Sources

  • État de Genève : « Journée mondiale de la visibilité lesbienne – 26 avril » — objectif de la journée, notion de double discrimination et enjeux de violences
  • Stonewall : article sur la nécessité d’une visibilité des lesbiennes au-delà d’une seule journée — contexte général (existence confirmée par la recherche, aucun chiffre repris)
  • The Advocate : dossier sur le militantisme lesbien dans le monde — contexte général (existence confirmée par la recherche, aucun chiffre repris)

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